RENCONTRES INTERCULTURELLES

Pour certains d’entre-nous, ce livre va rappeler les odeurs de leur enfance, des odeurs acres et douces à la fois de craie et de tableau noir, d’encre et de cahiers.
C’est depuis son enfance passée à l’école des filles de la rue Joachim Olivier au Muy, commune du Var, que Marthe Georges débute le récit de sa vie. Elle mêle ses souvenirs personnels et les histoires que sa grand-mère lui racontait dans sa langue maternelle « le provençal ». On y retrouve les familles des habitants du Muy à des époques différentes.
C’est sans prétention qu’elle a écrit cet ouvrage qu’elle dédie aux générations futures.
Comme elle le dit : « la notion du temps se brouille, le passé lointain se rapproche, mais c’est pour mieux s’estomper avant de disparaître dans l’oubli… Est-il encore temps d’en rassembler les miettes ? »

Marthe Georges (Marthe BARRET, disent ses contemporains Muyois qui la connaissent mieux sous son nom de jeune fille !) est née le 5 mars 1924, au Muy, y fut scolarisée et y exerça comme secrétaire de mairie de 1942 à 1978. Témoin privilégié de la vie de ce village provençal Marthe Georges s’est adonnée passionnément à la tâche de faire connaître la vie des ruraux du Muy et à restituer son histoire aux générations suivantes.

BIOGRAPHIE de l'Auteur

Je suis née au Muy, le 05 Mars 1924, dans la maison de ma grand'mère maternelle, où mes parents avaient élu domicile, et j'y ai vécu plus de 60 ans.
Mon père descendant d'une longue lignée de terriens, exploitait, secondé par ma mère, fille de paysans, elle aussi, quelques hectares de terre en vigne, oliviers, fruitiers et labours, - (sa part de l'héritage paternel) -
Dès ma prime enfance, j'ai été choyée par ma grand'mère qui me chantait, en provençal, des berceuses pour m’endormir.
En petite fille sage, et appliquée, j'ai fréquenté l'école primaire communale.
Souvent classée " première ", je suis la fierté de la famille qui me voit déjà institutrice.
Après le Certificat d'Etudes, j'intègre, interne, l'Ecole Primaire Supérieure de Draguignan.
Cinq ans plus tard, je suis déclarée admissible au Concours d'entrée à l'Ecole Normale, de juin 1941.
C'est la joie, un beau rêve qui va se réaliser ! . . . mais qui, soudain, se brise.
L'Amour, avec un grand A, en est la cause : le 24 septembre 1941, rayonnante de bonheur, devant le maire et devant Dieu, j'épousais un jeune Engagé Volontaire de la Coloniale, pour le meilleur et pour le pire.
Ce fut d'abord, le pire : huit jours plus tard, le jeune Marsouin embarquait, sans moi, à Marseille, à destination de l'A.O.F.
Ce n'était que le début d'une séparation que la guerre ferait durer trente neuf mois.
Après un an de méditation, sur mon sort, de faux espoirs, je décide d'obliquer vers l'Administration.
Entrée à la Mairie du Muy, le 24 septembre 1942, par la petite porte, avec mes légers diplômes de sténo -dactylo, deux B.E.P.S (option Italien et enseignement ménager), et le Brevet Elémentaire, sous le bras, j'en sors, le 16 septembre 1976, par la grande porte, retraitée, avec le titre de Secrétaire Général Honoraire, et le diplôme de la Médaille d'Honneur Départementale et Communale, récompense de trente trois ans " de bons et loyaux services ".
J'éprouve, alors, le besoin de me dépenser, physiquement, de m'aérer, d'occuper utilement ma retraite.
Par goût et par atavisme, c'est vers la terre et la nature que je suis attirée.
Le petit vignoble familial, que mon mari exploite, devient mon lieu de travail, mon univers. J'aide à tous les travaux : vendange, ramassage et brûlage des sarments, ébourgeonnage, écimage, soins aux jeunes plants, pose de piquets et d'attaches etc. . .
Tous ces travaux de femmes de paysans, je les ai faits, avec plaisir, avec amour, jusqu'en 1990, année fatale, où, pour raison de santé, mon mari, déjà septuagénaire, doit mettre fin à ses activités.
La mort dans l'âme, on décide d'arracher la vigne, et de donner la terre en partage à nos trois enfants.

Aujourd'hui, à l'heure des bilans, devant Dieu qui me procure la joie de voir, réunis autour d'une même table, nos trois grands fils, leurs épouses et leur belle descendance, -(nos sept petits-enfants et nos six arrière-petits-enfants) - pour fêter la soixante-deuxième anniversaire de notre mariage, et peut-être, en 2004, - qui sait ? - mes quatre-vingts printemps . . ., je me sens coupable de . . . laisser mourir la terre.

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Marthe GEORGES C'était hier au MUY